Un premier mai à Berlin
Publié par mariannereynaud sur mai 2, 2008
La journée internationale des travailleurs, ou fête des travailleurs, devenue fête du Travail est l’occasion d’importantes manifestations du mouvement ouvrier. Instaurée à l’origine comme journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail, elle est généralement célébrée dans de nombreux pays du monde le 1er mai, sauf, par exemple, en Amérique du Nord où elle est célébrée officiellement le premier lundi de septembre (de manière plus précise, la journée internationale des travailleurs est célébrée le 1er mai, tandis que la fête du travail est un jour
férié du mois de septembre), au Royaume-Uni et en Irlande où elle est décalée au premier lundi de mai, et en Australie à différentes dates proches du printemps ou de l’automne. Elle est souvent (mais pas toujours) instaurée comme jour férié légal. Elle est parfois associée à d’autres festivités ou traditions populaires.
En week end dans la capitale allemande chez ma soeur Sara, j’ai assisté hier à cette journée loin d’être ordinaire, pleine de sens et de symboles dans la vie de ce peuple meurtri et pauvre. Nous avons parcouru les rues de ville, ou musique, performances artistiques, animations de tout genre ont animé la vie de cette journée spéciale. On pouvait croiser des punks, des anarchistes, des grunges, des rockers, des costard cravate, des hommes et femmes ordinaires avec des enfants, tous cohabitent dans une idée de communion et de respect les uns des autres, le respect de la différence et du choix de vie de chacun.
C’est aussi l’occasion pour le peuple allemand de faire valoir ses revendications. Un grand cortège était organisé, avec des chars de militants de thèmes différents, comme les homosexuels, des immigrés, les travailleurs pauvres, les sans abris squatteurs et tous ceux qui avaient quelque chose à dire. Il existe aussi des camps de réfugiés ici dont les occupant n’ont pas le droit à certaines choses comme acheter certains aliments ou se rendre dans certains lieux ce qui peut rappeler certaines périodes sombres de notre histoire. Il faut savoir que Berlin est la capitale la plus pauvre de l’Europe. 40% de la population vit des aides sociales et la plupart sont des jeunes, car la majorité des résidants ont maximum 40 ans, au delà, ils
fuient la ville et ses méandres. Ceux qui y restent sont souvent des artistes ou des marginaux qui vivent de bric et e broc. Depuis la réunification et que le mur de Berlin est tombé, les allemands de l’ouest ont pris les emplois des allemands de l’est car plus qualifiés et performants. Les Allemands de l’est sont aujourd’hui bien plus pauvres que les autres et il n’y a pas de travail. Le coût de la vie très peu cher, par exemple une boule de glace 0,80€, une assiette repas 1€50 etc… Ils se contentent de peu et organisent différentes manifestations pour récupérer de l’argent, comme des concerts par exemple. Les bouteilles sont encore consignées et les sans abris parcourent les rues à la quêtes de ces cadavres laissés exprès par d’autres leur permettant de boire quelques bières. Ces derniers se faufilaient hier entre les teuffeurs pour ramasser ces biens précieux.
La police très présente hier observait et était prête à agir. Il fallait voir les centaines de mètres qu’occupaient ces véhicules de police partout dans la ville. C’était vraiment impressionnant. Le Maire avait peur que l’évènement prenne une tournure violente et incontrôlée. Ne travaillaient que les flics et les Turcs. Comme vous le savez sans doute, en Allemagne ce n’est pas le droit du sol mais le droit du sang. Donc les Turcs même nés en Allemagne ne seront jamais allemands, toujours Turcs. Le seul incident à déplorer a été lors de l’arrivée du président de la police Berlinoise, que tous connaissent, qu s’est fait hué et ils lui ont lancé des projectiles, il est donc reparti aussitôt.
Malgré le côté un peu extrême de tout cela, je crois qu’il y a des bonnes idées à prendre, notamment du fait que tout le centre était piéton, que les gens étaient réunis dans un esprit convivial et solidaire. Il y a avait de la musique, des artistes, des gens heureux et souriants, et un soleil brillant pour l’occasion, c’était vraiment super.
Une chose m’a frappée, la nostalgie de l’époque communiste, la nostalgie d’une autre époque.
Mais ces gens-là ne vivent pas dans la même époque que nous, on dirait qu’ils sont restés scotchés dans les années 80 aussi bien dans la mentalité que dans les styles visuels tout en étant avec notre temps pour d’autres choses comme les nouvelles technologies ou les voitures par exemple. C’est vraiment un monde étrange et fascinant.
Pour finir cet article, deux photos dont vous comprendrez l’inspiration, la première est la rencontre de Marx et Clovis et la seconde, c’est celle ou je me suis retrouvée entre ma place et ma rue!






