UN ÉDUCATEUR DE RUE POUR ÉTABLIR LE DIALOGUE
Posté par mariannereynaud le septembre 25, 2008
J’ai présenté un rapport lors du dernier conseil municipal concernant la validation d’une action à l’encontre des personnes marginalisés situées à Cognac. Cette action est financée à 30% par la ville et à 70% par l’État via les fond F.I.P.D (fonds interministériel de prévention de la délinquance).La Ville a recruté un éducateur de rue supplémentaire. Mission de deux mois. Objectif: faire un état des lieux afin d’améliorer les relations entre SDF (sans domicile fixe) et population. «Nous avons eu de nombreux appels, confirme Marianne Reynaud, adjointe chargée de la solidarité, de la prévention et de la santé à la mairie de Cognac. Certains pour se plaindre d’incivilités, de sentiment d’insécurité, d’autres pour savoir s’il était possible d’intervenir pour aider les personnes dans la rue».
Le problème est récurrent à Cognac, mais circonscrit à la place Gambetta, au square devant la sous-préfecture et la place d’Armes. Jérôme Mouhot, l’ancien maire, avait pris en 2006 un arrêté anti-mendicité qui ne disait pas son nom, avec interdiction de boire en groupe sur la voie publique. L’an dernier, la disparition du bassin place du marché visait avant tout à y éviter les rassemblements. Une mesure prise après de nombreuses plaintes de commerçants.
Diagnostic livré en novembre
«A Cognac nous avons un groupe de SDF d’une vingtaine de personnes, parfaitement identifiées, possédant un logement, voire un travail pour quelques-unes, avec lesquelles une éducatrice spécialisée de l’Aserc est en contact régulier. Et puis il y a les groupes passagers. Eux posent beaucoup plus de problèmes et le travail de l’éducateur de rue les concerne en priorité. En plus, les deux groupes se supportent difficilement», explique Marianne Reynaud.
Le second, public volatile, dont la présence fluctue en fonction des animations locales, va de ville en ville. Il est très fortement déstructuré sur le plan du comportement, de la consommation d’alcool, voire de drogues. «Ils se marginalisent totalement, consciemment, et sont facilement violents, ajoute Marianne Reynaud. Il est nécessaire d’entrer en contact avec eux. Cet été par exemple il y avait une équipe de trois garçons, une fille, et sept chiens. Ce qui a rapidement posé problème».
Pas question pour l’éducatrice chargée des «locaux» d’entrer en contact avec les «passagers». «Administrativement c’est impossible, et sur le terrain il y aurait beaucoup de difficultés» commente Marianne Reynaud. Le projet de recruter un éducateur de rue a été monté en quatre jours. Parce que les crédits d’Etat ont une date de péremption. Près de 11.000€ à prendre ou à laisser avant début juillet (la Ville participe à hauteur de 4.600€). «Nous misions sur deux éducateurs, finalement ce sera un seul» précise Marianne Reynaud. Pour deux mois, avec mission de connaître ce que veulent les SDF et ce qu’ils ne veulent pas, et à partir de là, faire des propositions en tenant compte aussi des observations de la population».
«Aller vers les SDF»
Thierry Klatovsky a été chargé de cette mission. Travailleur social avec à son actif une formation et une expérience de médiateur social, fondateur de Rade (Réhabilitation accueil des exclus), il est un fervent défenseur du dialogue et de la réinsertion. «J’ai commencé il y a trois semaines seulement. Il n’y a aucun problème si vous allez vers les SDF et si vous discutez avec eux. Et si vous leur proposez quelque chose, certains répondent pourquoi pas ?».
Il y a eu ainsi l’accompagnement des trois garçons, de la fille et de leurs sept chiens dans leur commune d’origine. «Il suffisait d’en parler pour comprendre que c’était leur souhait. Avec leur accord nous avons pris contact avec leur famille et le comité communal d’action sociale (CCAS), avant de prendre la route pour la Bretagne». Pour un autre il a fallu trouver un logement, un troisième a accepté un projet de formation, etc. «En trois semaines, six personnes ont bénéficié de mes services» précise Thierry Klatovsky.
Et après les deux mois sur le terrain? «Je fais l’état des lieux et des propositions. Pour l’instant je ne fais pas de promesses aux intéressés que je ne pourrais tenir. Deux mois c’est insuffisant pour accomplir un travail de fond» termine l’éducateur.
De son côté Marianne Reynaud en est tout à fait consciente. «Une fois le diagnostic établi nous monterons un projet avec tous les services concernés, tel le CCAS, ou encore la police municipale qui a un rôle de médiation, de prévention, au service de la défense du citoyen».





Bernard ROSSET a dit
Que fais donc le service chargé de ce problème ??
Il y avait, normalement,a la ville de Cognac une équipe avec une direction chargé de ces problèmes. je l’avais créé en 2000 et quand je suis parti, en 2006, cinq a sept salariés étaient en charge du problème !!
J’ai du mal à comprendre pourquoi on ne parle pas de ce service?
Il n’existe plus ou il ne fais pas son boulot?
Enfin tout nouveau moyen est bon à prendre a condition qu’il ne travaille pas seul dans son coin.
Avec ce public le réseau local est indispensable.
A bientôt et bon courage
Bernard
mariannereynaud a dit
Le projet proposé ne concerne pas uniquement l’hébergement, le service n’est pas doté d’éducateur de rue, mais d’éducateur au sein du service.
Par ailleurs, les fonds FIPD ne pouvaient pas être demandés par le SASH, rattaché au CCAS puisque nous ne pouvions pas réunir un CA exceptionnel. C’est de la prévention spécialisée qui est de la compétence de l’ASERC aujourd’hui, mais le SASH était partenaire omniprésent dans le dossier même si ce dernier n’était pas porté par cette structure.
Nous avons travaillé en partenariat avec le SASH, la police municipale, le CCAS, la sous préfecture et l’ASERC.