Être militant c’est prendre position.

Marianne Reynaud

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  • L’OBJECTIF MÉMOIRE DE SARA REYNAUD

    Publié par mariannereynaud le juillet 2, 2010

    Sara Reynaud a photographié des habitants de Saint-Simon. . Elle expose ses portraits sensibles tout l’été. . Une oeuvre autant artistique qu’historique.
    Sara Reynaud, dans la maison de vacances de ses parents, à Saint-Simon. C'est ici qu'elle a puisé l'inspiration pour son travail de mémoire dont on voit un aperçu. Photo B. C.
    // Un jour elle a compris que son enfance prenait le large. Quand on a refait les berges de la Charente à Saint-Simon, la terre de ses tendres années qu’elle aurait sans doute rêvée immuable. «C’était le déclic, le moment de faire un deuil sans douleur» avoue sans pudeur Sara Reynaud, la fille de la députée.

    Moins branchée politique que sa mère Marie-Line ou que sa soeur Marianne, adjointe au maire de Cognac, la petite dernière de la famille, 24 ans, s’admet modestement «sensible» quand on la devine tout à fait artiste.

    Elle aime les vieilles pierres – a fait pour cela des études dans le patrimoine qu’elle achève tout juste -, les belles histoires, les messages à passer. Et surtout l’instant à fixer.

    «Je fais de la photo depuis que j’ai dix-sept ans, j’aime les portraits, les humains, les petites bouilles de 7 à 97 ans.» C’est sa façon à elle de conjurer ce «temps qui passe si vite» et qu’on oublie trop souvent de savourer. «Alors qu’il est important de se poser, d’observer, d’écouter.»

    Il y a trois ans, elle rêvait de cela pour Saint-Simon. Photographier les gens d’aujourd’hui, montrer ce qu’ils sont. Garder leur souvenir intact, un peu comme son oncle l’écriturier Daniel Reynaud chantait jadis, dans un autre registre, la mémoire des gabariers. «Mais je n’étais pas mûre pour le projet. Si je l’avais fait à ce moment-là, ça aurait été une catastrophe.»

    Cinquante images, cent visages

    Une expérience à l’étranger plus tard et les idées éclaircies, Sara Reynaud s’est jetée à l’eau l’été dernier pour concrétiser sa «Fenêtre ouverte». Après une réunion publique d’information, des courriers aux habitants, et des relances téléphoniques auprès de l’intégralité des abonnés de Saint-Simon, la jeune femme est partie à la rencontre des visages d’ici, son vieux Mamiya M645 d’occasion sous le bras.

    «Beaucoup de gens se demandaient pourquoi je m’intéressais à eux, mais une grosse moitié du village [215 habitants, N.D.L.R.] a accepté de jouer le jeu.» Au final, ce sont une grosse cinquantaine de clichés en 60 x 80 cm que les habitants et les gens de passage vont découvrir tout l’été sur les vieilles pierres du bourg, façon «Barrobjectif» que Sara Reynaud ne connaissait pourtant pas. L’expo en plein air débute ce week-end, avec la fête des gabariers.

    Sur les tirages offerts par le photographe angoumoisin Gérard Martron, les gens de Saint-Simon se montrent simplement. En noir et blanc, parce que ce sont les tons préférés de la photographe.

    Ils posent devant chez eux, sur leur lieu de travail. Au bord de l’eau, dans un jardin, contre un mur ou au coin d’une fenêtre.

    Les moments saisis n’ont pris que quelques minutes, mais la jeune femme a passé des heures à écouter un peu de la vie de ses sujets. «J’ai parfois beaucoup pleuré, quand j’ai vu la détresse de certains». Elle a consigné ses instants de vie sur pellicule et sur CD. La mairie en héritera. Comme d’un trésor sans prix. Qu’on regardera, espère-t-elle, aussi longtemps que la Charente coulera au pays des gabariers.

    Exposition «Fenêtre ouverte» de Sara Reynaud, dans le village de Saint-Simon jusqu’à la fin de l’été. Accès gratuit.

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